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Libé voyages, Libération- Les Ptites Poucettes

 

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Tout est bien qui Finnish bien

Voilà. C’est la fin. La FINland. Avant de fouler le sol du pays, nous n’avions jamais pensé à ce que cachait son nom : la fin de la terre, l’ultime territoire avant le cercle polaire. Pour nous aussi, c’est la dernière terre – du moins pour ce voyage. La fin d’un périple de 4200 km à travers 10 pays. Nous y voici presque.

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Ne nous reste qu’à enjamber la Baltique qui sépare les côtes finlandaises et estoniennes. De Tallinn à Helsinki, ce couloir maritime est le plus emprunté au monde. D’immenses ferrys assurent la transhumance quotidienne de milliers de passagers. Nous en serons bientôt. À moins que…  Lire la suite

Pärnu et pour vous

« En sortant de la maison tu prends la seconde rue à droite, puis le bus numéro 6 jusqu’au terminus. ». En apparence les indications d’Aleksey étaient limpides et nous devrions arriver près de la nationale… Pourtant, en sortant du fameux bus numéro 6, nous ne voyons que des champs, une barre d’immeuble et un rond point indiquant un supermarché. La route de Tallinn semble bien loin.

Nous inaugurons notre pancarte en carton (offerte par notre hôte de Riga pour nousRaymons-Riga consoler du drame dont nous ne reparlerons pas, trêve de couteau dans notre plaie encore fraiche) et, il faut reconnaître qu’elle semble aussi efficace que la précédente. À peine le temps de la brandir que voilà Raymons qui s’arrête. Sauf que selon lui, « nous ne sommes pas, mais alors pas du tout dans la bonne direction. » Il s’enquiert de nous trouver un meilleur spot.

Sandra-ESTSur la pancarte, cette dernière promesse « EST ». Comme l’est de l’Europe – qu’en trois ans, nous avons sillonné de fond en comble – mais surtout comme l’ESTonie, dernière étape avant Helsinki. Tout va tellement vite cette année que l’on a presque du mal à intégrer les changements de langues, de monnaie, de culture. Dans cet espace Shengen au sein duquel les frontières ne sont plus matérialisées, ce ne sont plus que nos conducteurs successifs qui, ambassadeurs de leurs pays, nous les font remarquer. Lire la suite

Espèce de Kaunas

Âmes sensibles, attention, nous vous invitons à ne pas aller au bout de cet article, qui comporte une scène insoutenable.

centre-europeTout a pourtant débuté sur les chapeaux de roues. En quittant la ferme, Michat et Waldek, nos premiers conducteurs du jour, nous ont offert une escale à Suchowola, ville supposée être l’exact centre géographique de l’Europe (information à prendre toutefois avec des pincettes puisqu’elles sont plusieurs bourgades à se disputer le titre). Mais faisons abstraction des querelles de voisinage. Pour l’heure, nous y sommes, en Europe. Au beau milieu exactement.

Mais pas du voyage… Puisque nous voyons la destination finale se rapprocher à toute allure. Le stop « marche bien ». Trop bien même… Nous avons souvent à peine le temps de poser nos sacs et de prendre en photo notre chère pancarte, qu’un camion s’arrête pour nous embarquer. Lire la suite

War-shaw

« Varsovie est laide. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ».

carsovie-manhattanVoici ce que l’on nous avait maintes fois recommandé. Mais comme nous n’en faisons – toujours – qu’à nos têtes, nous avons tenu à en juger par nous même. Et grand bien nous en a pris. Car, si effectivement la capitale polonaise est plutôt austère à première vue, c’est toute l’histoire du pays qui est inscrite sur ses murs. Vieille ville, bâtiments hérités du communisme et constructions hyper modernes s’y toisent en chiens de faïence. Prise entre les feux des allemands et des russes, c’est l’une des villes ayant le plus souffert de la Seconde Guerre mondiale. 


vieille ville bdLorsqu’en août 1944, les résistants se sont soulevés contre l’occupant, il a fallu moins de deux mois à l’Allemagne nazie pour réduire leurs espoirs à néant et la cité en cendres. Cet été là, à l’instar du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, c’est la ville toute entière qui a tenté un sursaut héroïque. Suicidaire peut-être, mais pour que l’honneur (honneur dont le peuple polonais ne semble jamais s’être départi, ayant, même après la défaite initiale, refusé de signer l’armistice avec l’armée d’Hitler) demeure sauf.
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Des eaux et des bas

bulgarie-debrecen-pancarteBienvenue dans le pays où les noms des villes ressemblent à des codes wifi et où seul un polytechnicien peut prétendre convertir de tête la monnaie locale (diviser 10960 par 264 pour obtenir le prix d’une chambre d’hôtel).

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Nous y faisons la connaissance de Zoli, qui rêve d’être un grand voyageur mais n’a pas encore franchement l’âme d’un routard. Pour son premier séjour à Debrecen, il s’inquiète de ne pas trouver d’hébergement et supplie un ami de réserver à sa place. Il est très impressionné d’apprendre que nous nous allons dormir à l’auberge de jeunesse. Pour lui, c’est là le comble de l’exotisme. Il passe son temps à vérifier l’itinéraire et insiste pour que nous lui fournissions l’adresse précise (alors que l’auberge est située sur la place principale).

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30.000.002 amis

panticeu-marc-roxanaRoxana et Marc ont tagué leur perron pour nous souhaiter la bienvenue. Elle Roumaine, lui Français, ont acheté et partiellement rénové ce que les villageois ont coutume d’appeler le « Castel », au centre du micro village de Darja aux fin fond de la campagne Transylvanienne. L’ancien manoir fut la demeure d’un baron hongrois, une poste sous l’ère communiste, une mairie, un bar clandestin… Avant d’être investit par ce couple singulier…

panticeu-transylvanieLui est venu en Roumanie monter une entreprise d’informatique. Roxana était l’une de ses employées. Ils sont tombés amoureux il y a neuf ans. Depuis, l’entreprise a fermé et Marc poursuit son activité en free-lance. Ensemble, ils souhaitent se lancer dans l’accueil des touristes (peu nombreux en ce presque-bout-du-monde). En vertu de notre partenariat avec BedyCasa, nous sommes parmi les premières à être hébergées dans leur chambre d’hôte.  

bouffe-mixLe moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils se plient en quatre pour nous recevoir. Marc concocte des plats aux petits oignons (confits) et fait du dressage sa priorité. On ne peut pas en dire autant pour ce qui est du dressage de la faune éclectique qui vit sous leur toit. 

Chats et chiens règnent ici en meute et sont traités en rois. Avec une autorité pas franchement «au poil», Roxana chouchoute ses petits protégés comme s’ils s’agissaient de ses enfants. Elle qui rêvait d’être vétérinaire brandit la cause animale en étendard. Nous pensons qu’elle plaisante lorsqu’elle nous prie de bien vouloir faire attention aux limaces dans l’herbe. « elles sont si inoffensives ». 

Quand, nous-mêmes amies des bestioles, lui avouons tuer un moustique de temps à autre (et uniquement en cas de légitime défense), elle rétorque que le combat est inégal. Leur piqûre n’est pas mortelle, certes. Mais de là à retenir nos gestes quand l’un de ces Dracula local se désaltère sur nos chevilles d’un cocktail sanguinolent…

Roxana-sisi-panticeuBrigitte Bardot ferait figure d’insensible notoire à coté de notre hôtesse, qui a les larmes aux yeux en nous racontant la récente campagne d’éradication des chiens errants à Bucarest. Nous nous retenons de lui raconter notre l’histoire de chauffeur équarrisseur bulgare


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Pour leur retour aux sources, Marc et Roxana se rendent chaque jour puiser l’eau de celle qu’il ont déniché à l’aide d’une baguette. Ils ne croisent que des charrettes tirés par des chevaux, se nourissent du bétail qu’élèvent les agriculteurs du coin et ont pour « spore » favori la chasse aux champignons… En guise de rite initiatique, ils nous conduisent à travers bois et partagent avec nous tout ce qu’ils savent des russules et autres bolets comestibles. 

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Bonne route.

Accroupie dans la mousse, Roxana est aux anges. Elle hurle de joie en découvrant ses cèpes préférés. Plutôt timide et discrète au quotidien, elle se transfigure dans la nature. Dès que l’on aborde un sujet un peu personnel, elle se referme comme un coquillage. Mais dès qu’il s’agit de bêtes ou de plantes, elle est intarissable.

Un peu moins « trente millions d’amis » qu’eux, nous nous en serons au moins fait deux. 

Le poids (lourd) des rêves.

Personne ne part de Melnik. En tout cas aucune voiture. À l’heure de la sieste nationale, le moment est peut-être mal choisi. Alors on se poste à l’entrée du village où un platane de 800 ans nous procure un peu d’ombre et d’où l’on guette le vrombissement d’un moteur.

Celui de Sacho a l’avantage d’etre tellement tapageur qu’il est perceptible de loin. La conversation à bord atteint des sommets :

DSCF0481Son propriétaire nous sort de l’impasse – c’est le cas de le dire – en nous conduisant jusqu’à la Nationale, un peu plus fréquentée. À peine une minute plus tard, un camion ralentit à l’approche du zébra ou nous gesticulons, pancarte à la main…

Boban est serbe et rentre de Turquie, lourd d’un chargement de 35 tonnes de batteries. Le véhicule affiche 855.000 km au compteur et il compte bien dépasser le million avec lui.

Il caresse le volant en répétant : « ça, j’en rêvais enfant. Et maintenant je vis mon rêve tous les jours ». Son père était routier lui aussi. « Mais il n’avait qu’une camionnette. Moi je voyais plus grand. Je voulais conduire un 45 tonnes ! ».

sandra-boban-camionIl lui manque bon nombre de dents mais Boban sourit sans cesse de celles qui lui reste. Il est fan de Zaz et passe de la musique classique à fond bien qu’il s’en excuse « en principe les chauffeurs n’écoutent pas ça… ». Il fabrique ses cigarettes et en fume un kilo chaque semaine. Aurélie doit se sacrifier et en accepter une sur deux – question de diplomatie.

Sandra, elle, consent à se restaurer d’un café soluble (froid) et des biscuits (secs) qu’il lui tend. Nous héritons également d’un magnet d’Istanbul qu’il réservait pourtant à un ami. Nous tentons de refuser bien sûr mais Boban y tient. Il veut nous protéger, porter chance à notre aventure qu’il trouve « great but crazy » (un peu comme tout le monde en somme…). 

Aurélie-chapeau-camionNous aurions aussi aimé lui porter chance avec notre galet, mais vraisemblablement, ce dernier n’était pas suffisamment chargé de bonnes ondes… Vingt kilomètres avant Sofia, des flics nous font signe de nous garer. Boban prépare un billet de 20 lev (10 euros) « c’est toujours comme ça par ici. Il faut payer même quand on a rien fait de mal. Sinon, ils trouvent toujours le moyen de créer des problèmes… »

Les flics nous lancent des oeillades libidineuses tandis que Boban présente ses documents. Ils le somment de descendre du véhicule. Dix minutes plus tard, il revient nous dire de continuer la route sans lui. De son côté, les choses s’annoncent plus compliquées que prévu. « On peut aider ? Non, hélas… »

Nous demandons à l’un des policiers si l’on est autorisées à faire du stop ici, sur la bande d’arrêt d’urgence. « Oui. Et puis pour vous, n’importe qui s’arrêtera dans la minute » (cette phrase est assortie d’un clin d’œil dégueulasse). Le temps de tourner les talons, on l’entend hurler sur notre ami en bulgare.

Merci-Boban-Camion-sandra-sofia-melnikHorrible impression d’abandonner le navire en pleine tempête – bien que Boban fasse bonne figure, nous encourage à ne pas nous en faire pour lui… Nous ne pouvons alors que déposer discrètement un petit mot de remerciement sur son tableau de bord.

Nous nous sentons un peu coupables, privilégiées – d’autant que nous dormirons ce soir dans le luxueux « Kempinski Palace », où nous sommes invitées (pour la seconde fois) par notre ami Gerd, le manager – tandis que lui passera la nuit dans son camion (en espérant qu’il puisse reprendre le volant).

Nos rêves se croisent mais ne se ressemblent pas. Et pourtant, pour quelques instants, on se découvre plus de points communs qu’il n’y parait. 

Melnik sa mère !

Le « tourisme » vous l’aurez compris, c’est pas trop notre truc – nous qui passons plus de temps à courir les aires d’autoroutes que les musées, qui fréquentons davantage les banquettes arrières des camionettes que les fauteuils des tables étoilées.

Routard-TempêtePourtant cette année – alors que nous sommes pour la première fois associées au Routard, nous nous risquons à quelques recommandations façon guide de voyage afin de vous faire découvrir une destination « coup de cœur », découverte au hasard d’un coup de pouce : Melnik.

 

Et comme le suggère le titre de cet article, ça déchire sa race !!

  • Pourquoi ? – Intérêts

Balcon-antonia-MelnikAvec 175 habitants recensés en 2012, elle est officiellement la plus petite ville de Bulgarie. Vous avez donc de bonnes chances de croiser la totalité des âmes qui la peuplent en une seule journée (à noter que compte tenu de la moyenne d’âge de la population locale, ce chiffre est à diviser par deux chaque année…).

  • Comment ? – Accessibilité

Par la route pardis ! Pour ce qui nous concerne, ça va de soi. Celle qui y mène est minuscule et serpente sur le flanc d’une colline plantée de vignes centenaires. Au sommet se nichent quelques maisons éparses. Vous y êtes.

  • Où ? – Hébergement

Oubliez les hôtels kitchs qui bordent la rue principale (la seule en fait). C’est dans l’un d’eux que nous avons passé une première nuit (on dit bien passé, pas dormi) pour le moins humide… Car le système de climatisation judicieusement placé au dessus du lit s’est affolé autour de 3 heures du matin, déversant un torrent glacial sur nos corps alanguis (imaginez la douloureuse réminiscence lorsque Sandra s’est mise à hurler que l’eau s’infiltrait dans la chambre… – Cf Athènes-Helsinki).

Antonia-Vincy-hotel-melnikPréférez donc un hébergement à peine plus onéreux mais autrement plus authentique (et bien plus sec). Nous pourrions noircir cette page des seuls éloges que nous inspire Lumparov : une maison d’hôte entièrement restaurée avec goût, mais dont le charme vient surtout du couple qui nous y accueille. Antonia et Vinci, la cinquantaine, ont repris il y a quelques années la gestion de l’hôtel. Elle, auparavant prof de français, lui, douanier, ont tous deux perdu leur emploi à l’ouverture des frontières (notre langue étant, dans le même temps, passée de mode). Après 35 ans de mariage, ils ont donc quitté leur domicile de Petrich pour s’installer ici, cultiver le jardin, briquer la maison et chouchouter leurs invités. 

  • Quel ? – Restauration

Antonia-sandra-melnikAntonia aurait certainement remporté le « top chef » local si d’aventure elle s’était portée candidate (nous hésitons à l’y inscrire en cachette). Ses banitzas (gâteaux de fromage), petits pains et confitures maison concourent à faire de l’endroit un haut lieu de la gastronomie bulgare.

Partie en excursion, nous avons regretté de ne pas en avoir rempli nos sacs-à-dos. Après quatre heures de marche, nous avons dû nous contenter de la seule nourriture disponible dans cet environnement sauvage : des noix au miel vendues à la sauvette par un moine du coin. Un bocal géant mais ni pain, ni cuillère… Pour une dégustation façon épreuve de Koh Lanta (avez vous essayé d’attraper des noix sans les mains et sans vous changer en papier tue-mouches ?). 

Côté boisson, vous ne serez pas en reste. Les propriétaires possèdent également quelques hectares de vignoble dont ils tirent un nectar exquis : le Strymon – vous nous en donnerez des nouvelles (l’ayant un peu trop dégusté, nous avons tout oublié).

  • Quoi ? – Activités

sandra-rando-melnikS’ennivrer est bien sûr fortement préconisé – mais admettons qu’il s’agisse d’une option secondaire. Nous conseillons plutôt (ou avant, du moins) de transpirer un peu (et/ou prier si le cœur/le ciel vous en dit) en empruntant le chemin de randonnée qui suit le lit d’une rivière asséchée jusqu’à un point culminant où se dresse un somptueux monastère.

Attention, il est interdit de pénéter les voies du Seigneur en tenue «légère». Heureusement, ce dernier a pensé à tout (même aux marcheurs qui ont dû cuire au soleil pour l’approcher…) et des vêtement décents sont mis à disposition à l’entrée de l’église. Voyez plutôt comme nous sied la mode orthodoxe…

soeur-aurelie-melnikVous l’aurez compris, Melnik vaut le détour (et la Bulgarie tout entière nous donnerait presque envie de faire du – vrai – tourisme). Alors allez-y ! Une fois sur place, vous ne pourrez vous retenir de fredonner «Tu es la seule qui m’aille»*.

* référence musicale pointue échappant très probablement aux moins de vingt ans et plus de quarante. Cours de rattrapage ici.

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Alchimies

Thessalonique ne se lasse pas de nous séduire. Il y a deux ans, nous y avions séjourné en coup de vent et espérions bien y remettre une tong. Au pif – ou disons plus élégamment « à vue de nez » – nous errons parmi ses ruelles escarpées, sacs aux dos, à l’affut d’un souvenir qui nous permettrait de retomber sur notre auberge favorite. Nous avons oublié son nom, son adresse, mais par chance (ou intuition), nous retrouvons sa petite porte bleue, sur les hauteurs de la ville.

Souleymane-Sandra-Apolon-thessaloniqueLà-bas, nous croisons, pêle-mêle : un artiste de rue qui déplore que le street art soit devenu une mode plus qu’un art. Maelle, une militante alsacienne tombée amoureuse de la Grèce, qui a choisi de s’y établir et de soutenir des initiatives d’autogestion (notamment une clinique, en réponse à la crise du système de santé). Alex, un étudiant en médecine venu d’Australie pour exposer le résultat de ses travaux de recherche – il a prouvé que les centres d’analyse ADN à distance ne sont pas fiables (mais également un autostoppeur avéré qui jalouse le fait que nos pouces féminins sont bien plus efficaces que ses doigts velus). Et un boulanger albanais qui nous offre chaque matin une miche d’un pain à faire saliver les adeptes de nos Poilanes hexagonaux…

Avec toutes ces (belles) rencontres, notre stock de galets s’épuise à la vitesse de la lumière. Nous profitons des plages paradisiaques alentours pour nous réapprovisionner en cailloux quand, au retour de celle de Halkidiki les poches garnies des plus beaux spécimens, le destin place sur notre chemin un trio « d’hommes de pierre ». Une coïncidence qui ne nous laisse pas « de marbre » :

  • Aurelie-cabriolet-saikisD’abord Saïkis, qui admettons-le, n’a pas franchement d’autre choix que de nous convier à monter lorsque nous l’abordons à un feu rouge. Alors que nous errons depuis près d’une heure dans les faubourgs de Thessalonique, nous nous invitons presque d’autorité dans son cabriolet. Bien qu’il ne parle qu’un anglais approximatif, nous comprenons qu’il travaille dans un gisement d’extraction de minerai. Le caillou que nous lui confions n’a rien d’un métal précieux mais, selon ses propres termes, « il n’a pas de prix ».

  • Ioannis-Thessalonique-serresIoannis ensuite, qui lui aussi déterre les pierres mais ne s’intéresse qu’à celles vieilles de plus de 2000 ans. Ingénieur spécialiste des sites archéologiques, il a participé au chantier de restauration des ruines disséminées aux quatre coins du centre-ville, vestige de l’empire ottoman. Par ailleurs, il est l’un des rares chauffeur à nous confier qu’il s’arrête chaque fois qu’un autostoppeur croise son chemin – souvent contre l’avis de sa femme qui ne pense qu’aux dangers potentiel que cela représente. Dans notre cas, elle aurait sans doute moins redouté la présence d’armes que celle de deux étrangères en compagnie de son (charmant) mari.

  • Georges-Serres-MelnikNous surnommons rapidement notre dernier larron « Mr caillou », et pour cause : il est géologue. Aussi avons-nous la faveur exclusive d’un exposé en bonne et due forme sur les propriétés fascinantes des roches de la région – leur formation millénaire, leurs compositions granitiques ou calcaires, leur stratification en couches ordonnées… Mais l’érudition de Georges (son vrai nom) ne se borne pas à la science des rocs. Il se change volontiers en politologue, philosophe ou ethnologue, voire en avatar d’un Bernard Pivot francophone/phile lorsqu’il nous révèle l’origine des mots barbecue, baccalauréat, bordel… (Et vous, le savez-vous?)

Lorsque nous offrons à Georges son traditionnel galet, il précise que celui-ci est « ordinaire » tendance vulgaire, mais savions-nous (et vous?) que l’ordinaire peut se muer en extraordinaire en un simple changement de conditions ? Par exemple, les molécules de carbone dont on fait les mines des crayons sont identiques à celles du diamant – la différence d’évolution vient des conditions de pression auxquelles la matière est soumise. Afin que le charbon se change en un joyau étincelant, il n’y a donc qu’un pas. Ou un pouce ?

Aurelie-serres-thessalonique-e79En compagnie de ce trio de spécialistes, de ces hommes de pierres (précieuses) alchimistes des temps modernes, c’est le temps qui se change en or.

Et nous ne nous apercevons même pas que avons parcouru 300 km et franchi la frontière bulgare. Nos petits cailloux continuent à faire des étincelles. Blagodaria !  

Marines d’eaux douces

yavht-amaliapolis-volosNotre Odyssée en mer Egée ne pouvait se terminer sur un tel naufrage. La tempête passée, il fallait bien une journée en eaux calmes pour récupérer un rythme cardiaque acceptable.
Guy et Cléo, nos capitaines, ont rapatrié l’embarcation à bon/un port de pêcheurs au sud de Volos.


L’occasion rêvée pour nous exercer au « pouce subaquatique » dans une crique aux eaux limpides, en prévision du 11 juillet (pour le projet
33’Tour de Sandra, vous découvrierez ce jour le premier clip des P’tites Poucettes!).

Arbeit, Arbeit donc, comme nous avons coutume de dire à propos de notre emploi du temps chargé comme celui d’un ministre (ou d’un fonctionnaire des PTT, c’est selon) : trouver de nouveaux galets, les apprêter, rafistoler la pancarte, rédiger nos articles quotidiens, collecter des sons, définir les itinéraires, contacter nos hébergeurs… En somme, presque un travail de bureau !

Guy-Cleo-Sandra-bateauEt du travail, nos acolytes marins n’en manquent pas. Tous deux multi-entrepreneurs, avec des liasses de billets et des smartphones plein les poches, ils enchainent réunions informelles et coups de fils. En flamand, en anglais, en grec, en bulgare, ils gèrent leur production de tomates, de palettes de bois, de transport de fleurs, d’assurance, de moules (nous savons désormais que Léon ne se ravitaille pas qu’à Bruxelles…).

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MERCI

Merci KKBB

Un grand (un immense), voire plusieurs (un millier) merci(s) à nos kisskissbankers et à leur soutien précieux.

Recevez d’ores et déjà notre reconnaissance éternelle et préparez vous à un festival de péripéties en direct et à une pluie de galets !

Capture d'écran 2014-06-19 17.16.45Fabien, Leslie, Nicolas (1), Virginie, Jérôme, Faustina, Andréas, Sophie, Caroline, Alain, Eglantine, Arnaud, Serge, Elisabeth, Nicolas (2), Charlie, Hélène, Adrien, Patricia, Nina, Bertrand, Loïc, Anne-Lucie, Antoine, Guillaume, Jean-Michel, Nicolas (3), Yann… Ainsi que l’équipe de Auféminin.com


Glamooour !

Glamour aime les Ptites Poucettes

les P’tites Poucettes sont Glamour(es) !

Notre projet figure désormais parmi la sélection très officielle des Talents Glamour du mois de mai. 

Talent Glamour Ptites Poucettes

Rendez-vous vite sur Talent Glamour où vous pourrez admirer notre portrait en page d’accueil et voter pour votre candidat favori.

L’abstention c’est mal… Alors aux urnes citoyen(e)s !