Course éole

« Comment dit-on éolienne en anglais ? »

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Lonel l’ignore., bien qu’avec son frère Lucian, il ait participé à la construction de la seconde plus grande ferme éolienne d’Europe. Dans sa voiture, la cinquième depuis ce matin, on file comme le vent qui souffle dru dans la région. À 150 sur la nationale, même pas peur ! C’est que le type est un pilote.

 Nous ne pensions pas y arriver…

Ce matin, quitter notre « Mamie » bulgare a été un déchirement. Et puis, la plage de sable fin, le soleil enjoué, la mer noire si bleue et les « tsatsas » (fritures de petits poissons) semblaient s’être ligués pour nous retenir.

IMG_6997Que les sceptiques soient assurés que nous ne manquons pourtant pas de nous lever tous les matins à l’aube (après ces 28 jours, il nous en faudrait au moins autant pour récupérer, mais comme disait l’autre… « on dormira quand on sera mortes »).


Ce n’est donc qu’à 14h que nous avons quitté Varna.
Objectif : Roumanie.

IMG_4082Comme nous l’avions avoué dans notre tout premier article 2013, nous savions à peine où se situait Odessa lorsque nous l’avions élue destination de notre second périple. Et, plus nous en approchons, plus nous réalisons combien ce choix – peu stratégique – nous complique l’existence. Pour y parvenir, en moins de trois jours maintenant, il nous faut traverser la frontière Bulgare, puis la Roumaine, la Moldave et enfin l’Ukrainienne. Plus le choix donc : il faut lancer le sprint final.


IMG_6989Nous croyions moyennement en notre capacité à atteindre le delta du Danube avant la nuit (450 km plus loin, à l’extrême nord-est du pays).

Et notre départ pas franchement en flèche conforte le doute : trois véhicules en deux heures pour parcourir les 60 premiers kilomètres. Et puis, alors que nous revoyions nos ambitions du jour à la baisse, Andreea et Marius se sont arrêtés, sans même lire la destination inscrite sur notre pancarte.

– On voudrait traverser la frontière roumaine.
– On peut vous conduire jusqu’à Constanta… 

IMG_4094D’autant plus prodigieux qu’il prévoient de faire halte à Vama Veche, le village hippie où nous aurions aimé passer la nuit si nous en avions eu le temps. Un verre, huit pieds dans l’eau, juste le temps de se dire que l’on se serait senties bien sur les hamacs de cette terrasse. Ce voyage est un avant goût de tous les suivants…

 Dimanche, 19h, retour de week-end, embouteillages en direction de Bucarest… (les Roumains semblent trouver, comme nous, que les côtes Bulgares sont les plus belles).

Le trafic est dense mais nos nouveaux amis – bien qu’à 250 km de chez eux – n’hésitent pas à faire un détour invraisemblable pour nous laisser en lieu sûr, une charmante station aux abords du port de Constanta…

Il nous reste encore plus d’une centaine de kilomètres à parcourir tandis que que le soleil commence à rougir… On craint d’enfreindre notre règle (jamais de stop la nuit tombée) mais Lonel et Lucian nous aident à relever le défi. A les entendre, ils nous « sauvent la vie » (Eh oui, les statistiques sont formelles. Selon eux, nous avions 65% de chance de tomber sur un criminel. La survie ici, c’est précis).

Dans leur voiture, le vent s’engouffre par les fenêtres et la musique, à fond, s’en échappe. Nous nous faufilons entre les charrettes, doublons tout le monde en une course folle que rien ne ralentit.

IMG_7041Vingt kilomètres avant Tulcea, ils nous indiquent l’hôtel où ils logent pendant les six mois que dure leur nouveau chantier. « On va tout de même vous accompagner en ville. Vous pourriez avoir besoin de traducteurs pour trouver une chambre ». Nos « bâtisseurs de turbines » ont sacrément contribué à rendre possible notre pari du jour. Nous ne savons pas s’ils ont réellement compris ce que nous faisions là, l’histoire du Petit Poucet et tout notre tintouin, mais grâce à eux, on approche du but… Lucian baisse soudain la musique :

« Wind flower, on dit wind flower ! »

IMG_4115Le lendemain matin, nous tombons littéralement en amour avec Sulina, un village au confluent du Danube et de la mer Noire. Ses plages de sable noir, son ciel constellés d’oiseaux migrateurs et ses quadrillages de canaux sont notre Ohrid 2013. Il faut vraiment partir, si vite ? Odessa, pourquoi déjà ?

Alors que l’on se demande si l’on reste, que l’on tire à pile ou face en dégustant nos poissons grillés, une chanteuse folk entonne : « the answer my friend, is blowing in the wind, the answer is blowing in the wind ».

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Nous n’écrirons pas que tout va bien.

…Parce que nous savons pertinemment que cela ne vous intéresse pas. La preuve avec le top 3 des questions que vous nous avez posées à propos du voyage 2012 :

3 : Vous vous êtes disputées ?
2 : Est-ce que vous avez galéré pour trouver des conducteurs ?
1 : Ça n’a jamais été dangereux ?

Aurelie panneau WienOh, on ne vous jette pas la pierre (sans mauvais jeu de mot)… Comme vous, nous attendons la chute, le crash, le scoop devant le Tour de France, la Formule 1 ou le journal télévisé (deux de ces exemples sont fictifs, on vous laisse deviner lesquels). Mais que faire alors, lorsque l’on a conscience des attentes de son lectorat et que, pour autant, tout ce que l’on a à partager est positif (=décevant) ?

Adela et Guris mikulovInutile, par exemple, de vous dire que pour rallier Vienne depuis Mikulov, nous n’avons même pas eu le temps de répéter trois fois « goulash » avant qu’Adela et Guris ne nous cueillent sur le bord de la route. Impossible aussi de vous raconter leur histoire d’amour qui ferait pâlir de jalousie les scénaristes des soaps américains… Tenez : lui Létonien, elle Tchèque, rencontrés il y a huit ans sur la toile, ayant depuis échangé leurs pays comme pour mieux intégrer le monde de l’autre. Jonglant entre les avions et les langues, ils vivent à distance, mais sont très (très) proches – dans l’habitacle de leur voiture, ça dégouline d’amour. Ils viennent d’ailleurs de se marier ; voyez comme c’est indigeste.

Stef sand rueInutile aussi de vous parler de Stefan, l’ami qui nous héberge à Vienne. Parce que Sandra le connait depuis dix ans et qu’à chaque fois c’est une nouvelle première fois. Parce qu’Aurélie l’a découvert cette année et que le courant est très bien passé.Aurelie et Stefan Parce que les deux jours passés chez lui nous ont fait mal au ventre tant ils étaient fous (rires). 

Et que dire de la ville ? Même si sa grandiloquence nous glace un peu (trop de monuments et de Mozarts en goguette ?), Vienne nous a offert une parenthèse culturelle salutaire: 

PP PicassoSchiele, Klimt et Picasso nous en ont fait voir de toutes les couleurs (que le premier capable de décrire une toile de maître sans avoir l’air de donner un cours d’histoire de l’art se déclare ici et maintenant). 

Pano 2 belvedere

Non, vous voyez, il n’y a rien à faire, notre escale Viennoise n’a pas connu la moindre sortie de route, pas la moindre anicroche. Mais…

piedsmainsComme nous faisons toujours des pieds et des mains pour vous satisfaire, et bien nous avons tout de même trouvé un petit quelque chose… Un concert à l’ambiance absolument indescriptible, voyez plutôt la vidéo ICI

Et promis, dès demain, nous partagerons de nouvelles galères. Sur le trajet Vienne-Budapest, nous avons fait le plein!
D’ici-là, prenez soin de vous. Parce que nous, on vous aime aussi quand tout va bien…

Mikul’OFF

« Une petite portion d’Italie apportée en terre de Bohème par la main de Dieu ». Lonely Planet trouve toujours LA formule qui vous donne envie de faire un détour. Celui de Mikulov le valait bien et nous avons passé deux jours au calme de sa forteresse fortifiée « trois fois détruite et autant de fois reconstruite, d’où l’on peut admirer un panorama de collines verdoyantes plantées de vignes centenaires » – Pour plus de détail géographico-historiques, rendez vous page 331 du LP Europe de l’est. Pour la version « underground » – vous êtes au bon endroit. 

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Se loger
Arrivées à 20h, en plein mois de juillet, dans une station aussi couverte d’éloges par le guide, sans réservation, nous nous attendions à coucher à la belle étoile… C’était sans compter sur l’aide de Milan, aubergiste de son état qui nous a déniché une chambre dans une penzion improvisée dans un garage à ambulances.

lapins chambreTchèque-in : un rottweiler plus prompt aux grognements qu’aux caresses de bienvenue nous accueille. Son maître, tout aussi peu enclin à la négociation, ouvre son unique chambre à la décoration délicieusement surannée. Il s’avère que nous ne le reverrons plus des deux jours et pourrons finalement Tchèque-out à l’heure qui nous conviendra (16h ?), en déposant les clés à l’entrée. Après tout il a raison, pourquoi s’échiner à se connaître, nous avons tous bien mieux à faire. À commencer par…

Se restaurer
Vendredi, 20h45, nous voici attablées à l’unique terrasse toujours en service sur la Grand-Place du village (cf. article précédent – dont la thèse ne cesse d’être confortée). Face à nos papilles excitées, le serveur décline un menu à la variété sans pareille: « we have sausage OR pork steak. » Comme vous connaissez notre insatiable curiosité, vous imaginez bien que nous optons pour « un mix des deux ». L’employé revient quinze minutes plus tard, sans assiettes mais l’air penaud: « il ne reste que des saucisses… » Comme vous nous savez conciliantes, vous imaginez bien que nous choisissons « deux saucisses ».

Et voyez-vous, ici on ne badine pas avec l’intitulé. Pas de chichis, pas d’accessoire. Non. Une saucisse, c’est une saucisse, trois louches de moutarde. Point. La République Tchèque, c’est l’art culinaire brut.

Pas plus tard que le lendemain, au petit déjeuner, nous expérimentons à nouveau l’hyper-spécialisation des restaurants de la région.
– Bonjour, est-il possible de déjeuner ? (Sur la terrasse, nous avons remarqué une pancarte mentionnant « wifi and breakfast »- réseau et ravitaillement, exactement ce qu’il nous fallait!)
– Ah, désolé, mais nous n’avons personne en cuisine.
– On peut quand même prendre un café et un jus d’orange
– Désolé, on ne fait pas de café.
– Bon, et bien deux jus, ce sera parfait. (Heureusement, il leur restait un code wifi en salle).

nepijeS’hydrater
Pije ou nepije ? Trois jours après être arrivées, nous découvrons la différence entre eau potable et non potable. Vraisemblablement, celle notre hôtel ne l’était pas…

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Pour noyer notre désarroi (et supporter la chaleur accablante), nous décidons de passer quelques heures à la piscine publique du village. Martin Paar y aurait trouvé ses muses…


Se dépasser
Lac
Un jour sans stop et déjà, la bougeotte nous reprend ! Nous décidons de louer deux vélos pour explorer la campagne vinicole alentour. Sous 42°C, nous sillonnons les chemins, les sous-bois, longeons les étangs aux eaux gros-poissonneuses, nez à l’affut et au vent tiède. Les odeurs de pin, de lavande et d’abricot nous font tourner la tête au point que nous nous égarons à travers champs (après déjà plus de 35km parcourus…). Encore quelques minutes d’errance, et au bout d’une route, telle une oasis… Une STATION-SERVICE ! Une vidéo OFF de la station service ici…aurelie station

Halte au club-med des poucettes pour un ravitaillement comme on les aime, au milieu des odeurs d’essence, avant d’enfin atteindre le château de Letnice. 

Il est alors 17h, et nous sommes censées rendre les vélos avant 18h, à 25km de là (ils roulent à combien au tour de France?). Aurélie avait « juré, promis. » Sandra avait même ajouté « sans faute… » Le retour est donc un sprint final façon Poucettes sous amphétamines… Faut ce qu’il faut dans le vélo. Bilan de la course : nous arrivons à 19h. Le magasin est fermé. Mais dépasser l’horaire d’une nuit, ici c’est admis ?

Lâcher prise
Certains font des saunas, d’autres des siestes ou des orgies gargantuesques (ici nous savons donc que c’est exclu…). Mais quoi de mieux pour se détendre qu’un concert gipsy dans le parc du château – main dans la main d’inconnus de tous âges?

 chateau tourDe toute façon, après une cinquantaine de kilomètres passés sur la selle, s’asseoir est exclu… Alors autant disséminer le peu d’énergie qu’il nous reste au son de cette musique bohème. Et croyez-nous, elle vaut tous les superlatifs des guides. (Mamie Jackson et son swing endiablé en images)

Conjonction et coordination

Nous savons lire. Nous adorons parler (euphémisme). Et, la plupart du temps, franchissons l’obstacle de la « barrière de la langue » comme des purs-sangs arabes sur l’hippodrome de Vincennes. Seulement voilà, en République Tchèque, ledit obstacle a des allures de mur.

Aurelie PosteNous nous y heurtons pour la première fois à la Poste où nous avons eu la veilléité d’acheter… Un timbre! (C’est que – on vous le rappelle – nous avons promis d’envoyer des galets à nos nombreux et généreux contributeurs!). À l’entrée : une console aux allures de tableau de bord de la NASA et une vingtaine de factrices en uniforme derrière des guichets numérotés.
Le magasin a beau être pratiquement désert, nous comprenons qu’il faut se munir d’un ticket et suivre les consignes sur l’écran de contrôle pour accéder au guichet correspondant. En l’occurrence, c’est un bureau fermé où l’on nous invite à nous asseoir face à un fonctionnaire, avant de faire valoir notre impérieuse requête : « do you have stamps ? » Billets TramLes transports en commun suivent une logique analogue et l’achat d’un simple billet relève du parcours du combattant. N’étant ni ingénieures ni grammairiennes, nous optons pour la formule-éco – 15mn pour traverser la ville et atteindre la pittoresque périphérie de Chodov. Retour au bitume et à l’asphalte !

Mat et JeanC’est que toute la beauté dégoulinante de Prague nous écoeurait à force : les ruelles pavées de la vieille ville, ses ponts bordés de statues, ses horloges dorées, et la vue imprenable sur la Vlata depuis la terrasse de nôtre cher hôte Jean (LE monsieur sécurité du GPS, qui a si bien assuré la nôtre pendant ces 24 heures).erotic city

Non, vraiment, il était temps de renouer avec notre élément : un joli rond-point de banlieue-Est, entre le centre commercial, quelques barres HLM et l’entrée de l’autoroute. I-dy-li-que.

Ici débute notre mission « Mikulov » (on n’en sait pas plus à ce stade), et ici s’installe une nouvelle « barrière ». De la langue des signes cette fois ! Petit lexique à l’usage des néophytes :

Désolé-mais-je n’ai-pas-à-me-justifier : haussement d’épaules
J’habite ici : index pointé vers le bas
Allez les filles! (vous êtes super mais je ne peux rien pour vous) : pouces en l’air.
Vous êtes cinglées : moulinet à côté de la tempe.
Et enfin, le plus rare mais le plus éditifiant : « parle à ma main »!

Sandra TobiasLe pantomime cesse grâce à la Skoda d’Eliska, dont nous partageons la banquette avec Tobias, son fidèle compagnon. Aucun problème de langue avec lui, puisqu’il l’a bien pendue et ne rechigne pas à la passer sur nos visages (sous 45°, ce n’est pas si désagréable…). Cette jeune étudiante en culture européenne nous dépose dans un haut lieu de la culture américaine : au Mac Donald de Humpolek. Sandra y renverse son café glacé sur un conducteur potentiel, Aurélie farfouille dans les cailloux du parking, jusqu’à ce que Yann, Marie et Monika, offrent de nous embarquer jusqu’à l’étape suivante. Ce sympayhique trio de jeunes trentenaires (dont un dentiste !! – souvenirs…) nous dépose « à la station service de notre choix ». Nous optons donc pour une coquette aire aux alentours de Brno. Le jeune pompiste nous vient immédiatement en aide et fait office de traducteur auprès des conducteurs non anglo-germano-hispano-francophones (et il y’en a pas mal dans le coin…).

PompisteAprès une vingtaine de minutes, c’est finalement Peter qui accepte de nous conduire à destination. Avec lui, nous n’avons pas un mot en commun. Mais nulle barrière sur cette route de campagne bohème. Entre un silence, quelques notes et bien des rires – nous nous comprenons très bien.Panoramic chateau prague

L’Est appartient à ceux qui dînent tôt

23 heures. Clärchens Balhaus. Berlin. Les guirlandes et lampions zèbrent de lumières multicolores le jardin de la vieille salle de bal où nous espérons faire bombance d’une curry wurst de bienvenue.
« Désolés, on ne sert plus. »
À l’est, on dîne tôt…

Nous nous rabattons sur la seule gargote du quartier dont les cuisines frémissent encore. Un hamburger japonais puis quelques Prost à l’Absinthe pour porter chance à ce deuxième périple vers l’est.

IMG_5493Dodo chez « l’habitant Ingo », un inconnu déjà presque familier. Puis le lendemain, nous reprenons les rituels tout aussi familiers : réorganiser le sac-à-dos, préparer la pancarte – galets et marqueurs à portée de mains, une carte routière au cas où. Et puis traverser la ville plein Est, vers le « bon spot ».

«Là c’est parfait, entre les deux stations service, non plus loin après le feu rouge, je suis sûre qu’à la sortie du Burger King ça va marcher, attention il a une voie de bus. Et une piste cyclable… » 

IMG_5543Poucette avertie en vaut deux (fois deux ?). Près d’une heure à attendre, sous le soleil exactement, sans désespérer pour autant – l’expérience 2012 nous a conforté dans nos certitudes : le stop marche à tous les coups (même si il nous faut parfois marcher beaucoup). 

Trois autres « pouceux » dans les parages semblent eux aussi prendre leur mal en patience. Leur présence nous rassure – c’est le « bon spot » – mais nous contraint à nous poster plus loin (règle numéro 3 du code de déontologie de l’autostoppeur : premiers arrivés, premiers servis).

IMG_5553Soudain apparait la voiture de John, camerounais d’origine, avec à son bord un allemand et une française, étudiants à Dresde. Il s’agit de co-voiturage – payant donc? Après quelques bredouillements auf Deutsch, nous comprenons que John accepte de nous embarquer en échange de l’un de nos fameux galets.

John vit en Allemagne depuis vingt ans, parle camerounais, anglais, allemand et un peu français. John construisait des routes avant de devenir professeur de salsa. John est pince-sans-rire et trouve que les filles parlent trop. John adore qu’on lui chante des chansons mais déteste qu’on le prenne en photo (il faudra donc nous croire sur parole).

IMG_556117h. Il nous dépose à Dresde. A mi-chemin de notre parcours du jour. On hésite : repartir vers l’autoroute illico pour gagner Prague ou faire une visite éclair de la ville ?
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La traversée de l’Elbe nous convainc de laisser nos bagages à la gare pour une petite heure. Ville rasée, reconstruite, ville de l’Est devenue capitale économique régionale (la Saxe), centre universitaire où la consommation bat son plein (en témoignent des kilomètres de devantures de boutiques flambants-neuves), Dresde construit des ponts entre hier et aujourd’hui. La Frauenkirche, église entièrement détruite en 1945, vient ainsi d’être reconstruite à l’identique – quelques pierres noires rappelant ce que furent les fondations de l’édifice original.  

IMG_313018h30. Il est temps de reprendre la route si l’on espère arriver avant la nuit.
19h. La fenêtre avant d’un coupé rutilant s’ouvre sur Christopher. Il rentre à Prague, où vit depuis peu (En réalité, il est anglais – trahi par un accent « so britich »). La cinquantaine enthousiaste, il aime Véronique Samson et piloter des avions. Son GPS parle en miles et en inches et – grâce à lui (à eux) – nous parvenons sans tarder ni nous perdre au pied de chez Jean, un ami d’ami qui a la gentillesse de nous accueillir chez lui. IMG_5582 2

Depuis sa terrasse, les cent clochers de la ville semblent presque à portée de main. L’apéritif se prolonge jusqu’à la nuit tombée, et que la faim commence à faire chanter les panses vides. « On va dîner ? »

Un, deux, trois… Dix restaurants, et invariablement :
« Désolés, on ne sert plus. »
C’est vrai, à l’Est, on dîne tôt.