Marines d’eaux douces

yavht-amaliapolis-volosNotre Odyssée en mer Egée ne pouvait se terminer sur un tel naufrage. La tempête passée, il fallait bien une journée en eaux calmes pour récupérer un rythme cardiaque acceptable.
Guy et Cléo, nos capitaines, ont rapatrié l’embarcation à bon/un port de pêcheurs au sud de Volos.


L’occasion rêvée pour nous exercer au « pouce subaquatique » dans une crique aux eaux limpides, en prévision du 11 juillet (pour le projet
33’Tour de Sandra, vous découvrierez ce jour le premier clip des P’tites Poucettes!).

Arbeit, Arbeit donc, comme nous avons coutume de dire à propos de notre emploi du temps chargé comme celui d’un ministre (ou d’un fonctionnaire des PTT, c’est selon) : trouver de nouveaux galets, les apprêter, rafistoler la pancarte, rédiger nos articles quotidiens, collecter des sons, définir les itinéraires, contacter nos hébergeurs… En somme, presque un travail de bureau !

Guy-Cleo-Sandra-bateauEt du travail, nos acolytes marins n’en manquent pas. Tous deux multi-entrepreneurs, avec des liasses de billets et des smartphones plein les poches, ils enchainent réunions informelles et coups de fils. En flamand, en anglais, en grec, en bulgare, ils gèrent leur production de tomates, de palettes de bois, de transport de fleurs, d’assurance, de moules (nous savons désormais que Léon ne se ravitaille pas qu’à Bruxelles…).

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Athènes-Helsinki

Sandra yachtLa soirée commence à merveille. Le yatch est superbe. Nous n’en revenons pas de nous trouver là, avec nos hôtes, Guy et Cléo, respectivement belge et grec. Moquette crème, bois et dorures, la nuit promet d’être placée sous le signe du luxe et de la volupté. Parenthèse inattendue après le départ mouvementé d’Athènes.

Aurélie-yacht-vollos-greceÀ minuit, nous décidons de nous coucher pour profiter de la journée du lendemain. «Rendez-vous au lever du soleil ?!».

Sauf que… Une heure plus tard, le bateau tangue violemment. On se réveille en sursaut. Guy réenclenche le moteur car il faut quitter le port où la mer est trop agitée.

Le bateau contre lequel nous sommes amarés nous a conseillé de prendre le large pour faire étape dans une baie mieux protégée des vents.

Mais, à mesure que nous progressons ils se font plus violents. Les rafales secouent le yatch comme une vulgaire barque. D’immenses vagues noires fouettent le hublot de la cabine. Aux commandes, Guy nous hurle de rester à l’intérieur. Le jetski attaché a l’arrière du bateau vient de tomber à l’eau. Les bourrasques d’eaux salées atteignent 9 mètres de haut. Impossible de faire demi-tour – le prochain port est à deux heures de navigation…

Deux heures qui se changeront en cinq. Blotties sur nos couchettes, on ne peut se sortir de la tête le nom du bateau. Helsinki… Et si la traversée s’arrêtait là pour nous ? Athènes-Helsinki, ce serait ici ?

Ne pouvant que patienter et faire confiance, on tire le rideau pour tâcher d’oublier le chaos l’extérieur. Mais l’alarme se déclenche et nous rappelle à l’ordre… « Un problème électrique », assure Guy. « Pas grave », espère-t-il. Debout depuis 6h30 la veille, il est épuisé, et seul à pouvoir tenir la barre.

Et nous mènera à bon port – du moins à un port. Lorsque nous l’atteignons vers 8h du matin, la nausée est tenace. Elle ne nous quitte pas, même à terre. Le sol semble se mouvoir sous nos pieds. La ligne d’horizon dessine des vaguelettes.

À l’heure qu’il est, nous sommes toujours sur l’île d’Evia en attente d’une accalmie. À suivre donc. IMG_0060