Mikul’OFF

« Une petite portion d’Italie apportée en terre de Bohème par la main de Dieu ». Lonely Planet trouve toujours LA formule qui vous donne envie de faire un détour. Celui de Mikulov le valait bien et nous avons passé deux jours au calme de sa forteresse fortifiée « trois fois détruite et autant de fois reconstruite, d’où l’on peut admirer un panorama de collines verdoyantes plantées de vignes centenaires » – Pour plus de détail géographico-historiques, rendez vous page 331 du LP Europe de l’est. Pour la version « underground » – vous êtes au bon endroit. 

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Se loger
Arrivées à 20h, en plein mois de juillet, dans une station aussi couverte d’éloges par le guide, sans réservation, nous nous attendions à coucher à la belle étoile… C’était sans compter sur l’aide de Milan, aubergiste de son état qui nous a déniché une chambre dans une penzion improvisée dans un garage à ambulances.

lapins chambreTchèque-in : un rottweiler plus prompt aux grognements qu’aux caresses de bienvenue nous accueille. Son maître, tout aussi peu enclin à la négociation, ouvre son unique chambre à la décoration délicieusement surannée. Il s’avère que nous ne le reverrons plus des deux jours et pourrons finalement Tchèque-out à l’heure qui nous conviendra (16h ?), en déposant les clés à l’entrée. Après tout il a raison, pourquoi s’échiner à se connaître, nous avons tous bien mieux à faire. À commencer par…

Se restaurer
Vendredi, 20h45, nous voici attablées à l’unique terrasse toujours en service sur la Grand-Place du village (cf. article précédent – dont la thèse ne cesse d’être confortée). Face à nos papilles excitées, le serveur décline un menu à la variété sans pareille: « we have sausage OR pork steak. » Comme vous connaissez notre insatiable curiosité, vous imaginez bien que nous optons pour « un mix des deux ». L’employé revient quinze minutes plus tard, sans assiettes mais l’air penaud: « il ne reste que des saucisses… » Comme vous nous savez conciliantes, vous imaginez bien que nous choisissons « deux saucisses ».

Et voyez-vous, ici on ne badine pas avec l’intitulé. Pas de chichis, pas d’accessoire. Non. Une saucisse, c’est une saucisse, trois louches de moutarde. Point. La République Tchèque, c’est l’art culinaire brut.

Pas plus tard que le lendemain, au petit déjeuner, nous expérimentons à nouveau l’hyper-spécialisation des restaurants de la région.
– Bonjour, est-il possible de déjeuner ? (Sur la terrasse, nous avons remarqué une pancarte mentionnant « wifi and breakfast »- réseau et ravitaillement, exactement ce qu’il nous fallait!)
– Ah, désolé, mais nous n’avons personne en cuisine.
– On peut quand même prendre un café et un jus d’orange
– Désolé, on ne fait pas de café.
– Bon, et bien deux jus, ce sera parfait. (Heureusement, il leur restait un code wifi en salle).

nepijeS’hydrater
Pije ou nepije ? Trois jours après être arrivées, nous découvrons la différence entre eau potable et non potable. Vraisemblablement, celle notre hôtel ne l’était pas…

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Pour noyer notre désarroi (et supporter la chaleur accablante), nous décidons de passer quelques heures à la piscine publique du village. Martin Paar y aurait trouvé ses muses…


Se dépasser
Lac
Un jour sans stop et déjà, la bougeotte nous reprend ! Nous décidons de louer deux vélos pour explorer la campagne vinicole alentour. Sous 42°C, nous sillonnons les chemins, les sous-bois, longeons les étangs aux eaux gros-poissonneuses, nez à l’affut et au vent tiède. Les odeurs de pin, de lavande et d’abricot nous font tourner la tête au point que nous nous égarons à travers champs (après déjà plus de 35km parcourus…). Encore quelques minutes d’errance, et au bout d’une route, telle une oasis… Une STATION-SERVICE ! Une vidéo OFF de la station service ici…aurelie station

Halte au club-med des poucettes pour un ravitaillement comme on les aime, au milieu des odeurs d’essence, avant d’enfin atteindre le château de Letnice. 

Il est alors 17h, et nous sommes censées rendre les vélos avant 18h, à 25km de là (ils roulent à combien au tour de France?). Aurélie avait « juré, promis. » Sandra avait même ajouté « sans faute… » Le retour est donc un sprint final façon Poucettes sous amphétamines… Faut ce qu’il faut dans le vélo. Bilan de la course : nous arrivons à 19h. Le magasin est fermé. Mais dépasser l’horaire d’une nuit, ici c’est admis ?

Lâcher prise
Certains font des saunas, d’autres des siestes ou des orgies gargantuesques (ici nous savons donc que c’est exclu…). Mais quoi de mieux pour se détendre qu’un concert gipsy dans le parc du château – main dans la main d’inconnus de tous âges?

 chateau tourDe toute façon, après une cinquantaine de kilomètres passés sur la selle, s’asseoir est exclu… Alors autant disséminer le peu d’énergie qu’il nous reste au son de cette musique bohème. Et croyez-nous, elle vaut tous les superlatifs des guides. (Mamie Jackson et son swing endiablé en images)

6 réflexions au sujet de « Mikul’OFF »

  1. François Hollande a tenté sans succès de vous suivre : Il s’est arrêté en Slovénie pour un sommet à Ljubljana. Et il paraît que dans sa conférence de presse il a gaffé en parlant de la « Macédonie ». Les mauvaises langues disent que la Macedonie n’existe pas. Vous vous savez que la Macedonia existe bien et vous allez passer non loin de Skopje.
    Bonne route 🙂

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  2. Oh mon Dieu, 50 bornes en vélo… et moi, en 15 minutes de vélo à Amsterdam, j’ai réussi à me faire le bleu le plus incroyable de toute l’histoire de mes bleus (et il y en a eu) à cause d’une malencontreuse pédale (on n’a pas idée de mettre des pédales sur les vélos…)

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  3. C’était en été, en 72 je crois. En stop de Lyon à Varsovie, via Venise, Vienne, Olomouc, Katowice, pour aller retrouver Barbara… J’ai marché seul pendant un grand moment entre le dernier village autrichien et la frontière tchécoslovaque. 0 voiture, campagne assoupie à proximité du « rideau de fer ». Au-delà de la frontière, en tracteur avec un jeune paysan. On parle un peu, en allemand. Il a les larmes aux yeux en me quittant (pensée d’occidental de l’époque : lui, reste attaché à la glèbe, pendant que moi, jeune homme aux sandales de vent, libre, je vais « loin, bien loin, comme un bohémien, par la Nature… »). A Mikulov, premier village après la frontière, il pleut, c’est gris et triste à en être caricatural, le soir vient et mon visa de transit expire dans 20h. Dans la rue principale, je frappe à une porte. Un vieille dame m’ouvre, m’accueille simplement dans son petit et très modeste logis. J’ai dormi là. Le lendemain, très tôt, du saindoux sur du pain noir pour la route, un sourire inoubliable, et de nouveau la route, vers le nord.

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    • C’est vous qui nous mettez presque la larme à l’oeil. Quarante ans plus tard, rien n’a changé, ou presque. Des bises de Serbie.

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  4. Ping : Belgrade jeu t’M | Les P'tites Poucettes

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