Yaourt bulgare

NDLR : parler le yaourt est une technique qui consiste à produire des sons, des onomatopées ou des syllabes qui font penser qu’il s’agit d’une langue réelle.
Ceci, couplé à une méconnaissance totale de l’anglais (pour la plupart de nos interlocuteurs) produit fréquemment des échanges de ce type:

– « What is it ? »
– « Yes… »

– « Where is the center ? »
– « No… »

Voici quelques exemples des dialogues de sourds qui font notre quotidien depuis que nous arpentons les routes de l’Est. Sourdes mais pas muettes, nous nous acharnons à communiquer en toutes circonstances.

IMG_6875Pas de problème avec le concierge de l’hôtel Kempinski de Sofia, qui – clientèle internationale oblige – parle au bas mots douze langues, y compris un français académique. Il nous concocte un itinéraire et insiste pour nous que nous nous fassions conduire par l’un de ses chauffeurs en voiture de luxe (« si c’est gratuit on a le droit non ? »). Malgré tout, nous lui préférons la promenade pédestre (nous savons rester simples voyez-vous 😉

IMG_3887Nous sommes d’ailleurs très agréablement surprises par cette visite de la capitale (dont on nous avait dit le plus grand mal et qui, contre toute attente, recèle un centre-ville parsemé de vieilles églises, ruines turques et  monuments à couper le souffle). Seule ombre au tableau, l’accès aux fontaines y est désespérément interdit. 

Les choses se corsent lorsque nous pénétrons le camion-citerne de Stephen. Le chauffeur poids-lourd a beau y mettre beaucoup bonne volonté, la « communicamion » entre nous est pour le moins hasardeuse. Voyez plutôt…

(Notez la très réussie tentative de « parler-bulgare » d’Aurélie).

IMG_6887Le second chauffeur du jour maîtrise un anglais correct mais  parle surtout couramment espagnol, ayant vécu et travaillé un temps le long de la Costa Brava. Nos palais quasi-serbes permutent sans mal vers la langue de Cervantez (ou Dali, ou Nadal, ou Almodovar – selon affinités électives).


IMG_6895Le dernier chauffeur, qui assure la dernière portion de trajet jusqu’à Veliko Tarnavo n’aime quant à lui tout bonnement pas parler. Il n’aime d’ailleurs pas grand chose : ni les chocolats que nous lui offrons, ni les animaux (il ne comprend pas que nous soyons attristées à la vue du cadavre de hérisson sur le bord de la route…), ni les enfants (« qui sont comme des animaux » – les préfère t-il à l’état de dépouille?). Il n’hésite pourtant pas à réaliser un détour non négligeable pour nous conduire à bon port, empruntant les ruelles escarpées du centre historique de cette ville à flanc de colline.

IMG_3978Avant même de nous faire visiter l’établissement, le tenancier du «Nomad hostel» (un personnage fantasque auquel nous pourrions consacrer un article entier mais que nous vous invitons à découvrir par vous même si d’aventure votre route vous mène ici), nous tend deux louches et nous invite à déverser le contenu d’une marmite géante dans une série de bocaux en verre.

Du yaourt ? Bulgare?! Exactement ce dont nous avions besoin…

IMG_3944IMG_6907