Partisanes?

Ombres stop verticales«Désolées on ne monte qu’avec des femmes».

C’est la première fois depuis le départ que l’on utilise notre «parade sécuritaire». On a eu tort, peut-être – nous ne le saurons jamais – mais les deux premiers types qui s’arrêtent sur le bord de la nationale ralliant Novi Sad à Belgrade nous inspirent une répulsion épidermique (on se met en boule « Tu ne nous a pas vues. Non, non, la pancarte, c’est juste pour rigoler…»).

 S’ils n’avaient pas été à moitié nus, avec des bières entre les cuisses et un sourire libidineux, nous serions peut-être montées, mais là, nous avons préféré passer notre tour et attendre… cinq minutes de plus.

Bientôt – une fois notre étude sur échantillon subjectivement représentatif terminée – nous vous affirmerons sûrement que le stop est plus rapide que le train. Et surtout bien plus flexible! Tu te postes sur le bord de la route, à l’heure qui te convient (aucun retard possible), tu indiques ta destination et hop… Tu bénéficies d’un service sur-mesure. La LIBERTÉ on vous dit !

Et surtout (mais ça vous le savez déjà), ce moyen nous transporte entre les portières de mondes insoupçonnés. Ainsi en est-il de l’univers merveilleux des supporters de football, dont Dragan et Vladimir nous fournissent un aperçu grandiose.

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Dans sa vie ordinaire, à Novi Sad, Dragan est chauffeur de taxi et son ami est à la recherche d’en emploi de vendeur. Mais dans celle, extra-ordinaire, qui les conduit au stade de Belgrade pour assister au match des Partizan contre une équipe Bulgare (dont on a oublié le nom, évidemment, puisque nous sommes partisanes), ils sont SUPPORTERS.

Attention, pas supporters comme vous ou nous pourrions l’être du PSG ou de l’OM – vite fait, en regardant les matchs à la télé… – ces deux-là vivent Partizans,mangent, boivent Partizans, s’habillent Partizans et chantent Partizans. Pour preuve, voici la douce mélopée dont bruisse la sono :

Vladimir parle très bien anglais et tente de faire la conversation. En version traduite, cela donne peu ou prou :

– Qui est votre joueur préféré dans l’équipe de Serbie
– …
– Et Ljuboja, vous l’avez kiffé au PSG ?
– … Tiens, c’est Belgrade déjà ?
– Oui. C’est moche hein ? Nous, on vient juste pour le foot mais on déteste les mecs d’ici. Ils se la racontent parce qu’ils viennent de la capitale.
– Ah oui, on dit ça de Paris aussi… Et ils sont combien à vivre ici ?
– 2 millions en gros.
– Et dans le pays, il y a combien d’habitants ?
– 9 millions avec le Kosovo, 7 millions sans.
– Ah bon, vous comptez toujours le Kosovo…
– Le Kosovo sera toujours serbe.

S’enchaîne une discussion à bâtons rompus où en vrac, nos footeux affirment «qu’il y a trop d’Algériens en France », « Qu’ils n’aiment pas les gays » et que « les nouveaux policiers serbes sont des tapettes ».

Il reste quarante kilomètres, on craint l’impasse – voire pire – mais heureusement, l’hymne des Partizans retenti à nouveau dans l’habitacle de la Renaud Mégane. Le foot, finalement, c’est très bien comme sujet, ça rassemble.

Dragan nous dépose au pied de l’appartement de Dunja (notre nouvelle hôte). Pour le remercier, on lui laisse un galet (et un autre à Vladimir, pour porter chance à l’équipe, ce soir). Ils n’auront hélas pas suffit puisqu’à 23h, le résultat tombe : la Bulgarie l’emporte 1 – 0…

Pano Novi Sad

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