J23: Au nom de la rose

Neuf véhicules pour nous conduire d’Ohrid à Thessalonique.
 Un vidéaste de mariage, un éleveur de vaches, une étudiante… Un caillou enterré en hommage à Bertrand Guillot au pied de la tour de l’horloge à Bitola (ne nous demandez pas pourquoi, nous suivons aveuglement la consigne).


Et puis… la Grèce. Et la crise, immédiatement évoquée. Un euro qui a eu leur peau. Natalia, 33 ans, au chômage depuis trois ans.

L’homme tout nu (ok. A demi), sans emploi mais avec beaucoup d’allant (160 km/h de moyenne et une suggestion parfaitement formulée alors que son niveau d’anglais était jusqu’alors proche du nul : « If you don’t find in Edessa, you can stay with me. Sleep together ? » Le presque-tout-nu-en-sueur fait un câlin à Aurélie « Pour la photo ».

Plus tard, un industriel en berline sièges en cuir blanc prend le relais. (Étonnamment indifférent au fait que Sandra ose s’asseoir sur ses sièges immaculés avec le kébab dégoulinant acheté au bouiboui du coin !). Nous donnons le change en chantant (la bouche pleine).

 Et puis un boucher, avec son fils, martelant un discours selon lequel le stop est dangereux « Il y a même des cas de trafic d’organes. On ne sait jamais, quelqu’un pourrait vous endormir pour prélever vos reins »

Des changements de voitures en no mans land.
 Et soudain… Saïki.

Tel un ange perché sur son 38 tonnes chargé de carcasses de porcs, il s’arrête, nous fait signe « worry no » dans un greeko-anglais approximatif. Nous jouissons du plus beau panorama du pays depuis le pare-brise de son camion.

Débordant d’enthousiasme, il fait provision de bouteilles d’eau, de chips, de gâteaux, de chewing-gums…Nous lui présentons notre lapin. Aurélie lui fait un dessin. Galet sur le tableau de bord. Il insiste pour que nous emportions sa clé USB chargée d’électro locale « pour le souvenir de ce moment ».

Ni plan, ni guide, pas même conscientes du décalage horaire en vigueur. Aucun sous poche et une vague idée de notre point de chute à Thessaloniki (notre fidèle carte routière s’arrête ici):  Kalamaria , un nom glané au hasard d’une discussion entre deux bières autour du lac d’Ohrid. « OK. Je vous laisserai aux environs ». Parole tenue.

21 heures. Nuit noire. Un centre commercial. Une rue non éclairée. Et à l’angle… le collègue de Saïki, avec deux roses. Notre chauffeur romantique l’a appelé sur le trajet pour lui commander ce cadeau pour nous.

Fleurs en mains en mains et sourire aux lèvres, nous avançons dans la zone désertique en le regardant s’éloigner… Puis alpaguons une nouvelle voiture, en quête d’un centre moins industriel. Bientôt arrivées à destination. En hommage, nous porterons ses fleurs jusqu’au Bosphore.

4 réflexions au sujet de « J23: Au nom de la rose »

  1. Beau voyage et superbe compte rendu, je pars en août prochain avec ma fille pour Istanbul, nous voyagerons en moto comme d’hab pour nous. Votre parcours confirme mon idée de tracé. Au plaisir de se rencontrer un jour quelque part en Europe.

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  2. Ping : Marines d’eaux douces | Les P'tites Poucettes

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