J7&8. We love U(bljana)

Frontière Slovène. Les véhicules italiens défilent dans un sens puis dans l’autre pour se ravitailler en essence, bien moins chère côté est. Roberto, un instituteur triestin ayant eu pitié de nous (nous attendions à un rond-point comme des poucettes esseulées), nous a déposé à cheval entre deux pays dont la séparation n’est plus matérialisée. La différence saute pourtant aux yeux dès que nous embarquons dans la voiture de Valentina et Moreno, couple d’Italiens babas cools (ensemble depuis 17 ans alors qu’ils en paraissent à peine plus).

Nous roulons ensemble au milieu des collines, sans aucune trace citadine, pas l’ombre d’un humain à l’horizon de ce pays de deux millions d’habitants.

Rok, un ami rencontré six ans plus tôt dans le désert namibien, nous attend à Ljubljana, la capitale, qui à peu de chose près signifie « je t’aime » en slovène. Si le centre a des allures de carte postale, le quartier où nous résidons est bien plus pittoresque. Ciska. Sorte de banlieue qui n’en est pas une. Hormis les quelques nantis du centre ville, monsieur et madame tout le monde vivent dans ces tours aux allures de HLM. Nids ordinaires perchés au milieu de terrains de jeux.

Le pays étant – dixit le Lonely Planet – le plus vert au monde, nous nous accordons une pose nature, en dépit de notre passion récente pour l’environnement autoroutier. Située à l’autre bout du pays, Bled n’est pourtant qu’à une heure de la capitale de cet état-confetti. Trek le long d’un profond canyon, dans les sous-bois d’une forêt, sur les plateaux fleuris… et à l’arrivée, vue sublime sur la seule île du pays : minuscule monceau de terre semblant flotter au milieu d’un lac.

Retour au bercail pour profiter de l’agitation nocturne de la (LA) ville. Soirée arrosée avec les voisins, puis des amis, puis les amis des voisins et les voisins de ceux-ci, ponctuée de sonores « zivjo » (qui se prononce : jiuhio, comme de bien en entendu) scandés à chacune des (nombreuses) tournées.

Entre deux verres de «champagne» (vin à bulles), Aurélie fait la rencontre providentielle d’un chirurgien spécialiste de la mâchoire – depuis quelques jours, elle commençait à perdre son incisive à intervalles trop réguliers. En catimini, il l’emmène à l’hôpital pour cimenter la fugueuse prothèse. Nous passerons sur l’histoire de cette dent (déjà réparée en France, en Thaïlande et au Brésil), à laquelle nous pourrions consacrer un article entier…

Sourire éclatant retrouvé, nous savourons nos dernières heures slovènes dans un festival en plein air (à l’image du Bed sans breakfast, un festival sans musique, mais avec des hectolitres de schnaps). On dormira plus tard. Quand on sera vieilles, ou mortes, ou en Croatie.

Toujours est-il que le pays ne semble pas avoir envie de nous laisser filer (et réciproquement)…

Suite au prochain épisode (demain, si le web le veut bien).

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